Spartan John-117

J'ai toujours voulu être un super héros.

Aussi loin que je m’en souvienne, je voulais devenir un super héros. Mais je n’ai jamais rien fait pour y arriver. J’attendais un accident chimique, une mutation, la morsure d’un animal radioactif, des dons divins ou cosmique, subir une expérience gouvernemental, me construire une armure, suivre un long entraînement suite à un drame familiale, découvrir que je venais d’une planète disparu, recevoir un artefact d’une puissance ancienne,… (Entourer la bonne réponse).

Je me disais que ça serait quand même super cool de se balader avec des pouvoirs. Je les utiliserais un peu trop souvent. Pour tout et surtout n’importe quoi. En soirée avec des amis pour faire une démonstration, pour charmer une fille, pour sauver le monde aussi, faut pas déconner non plus.

Je me suis vite rendu compte que je n'avais aucun pouvoir pour le moment. Mais j’attends encore, je ne désespère pas. J’ai de l’espoir à revendre.  

Alors je me suis rabattu sur le métier d'avocat, pour aider les gens. Je voyais ça comme un substitut à la condition de super héros. J'avais le regard d'un enfant naïf à cette époque. Comprends jusqu'à l'âge de 17 ans. Je me disais que quitte à ne pas pouvoir les sauver avant, je pouvais les aider, les défendre après.

Je ne sais pas si c'était pour conclure un schéma familial, terminer ce que ma mère avait entrepris comme étude. On peut se dire que le fait qu’elle n’ait jamais fini ses études, je ressentais ça comme un devoir pour moi d’aller jusqu’au bout. Peut-être que c’était aussi pour le côté investigation et recherche du détail qui sauverais mon client. Comme Harvey Specter je voulais venir en aide au client acculé par une compagnie avide d'argent et de pouvoir.

J'étais prêt à me battre contre le reste du monde pour sauver la veuve et l’orphelin. Jusqu’à mon entrée en première année de droit.

J’ai pris une claque, je n’ai pas trop compris ce qu’il se passait mais j’ai su que je n’étais pas à ma place. Le choc que ça a été pour moi de voir tous ces jeunes fils à papa. Des carriéristes en short avide d'argent et de pouvoir comme les ennemis de mon enfance. Ils avaient encore la tétine à la bouche mais t’avais l’impression de faire face à des mini-boss de fin de niveaux.

Je suis tombé comme Alice dans un monde qui n'était pas le mien, tout droit sorti de l'esprit sombre de Stephen King. Je devais me battre contre le Fléau, conquérir la Tour Sombre dirigé par le Roi Cramoisi. Appel moi Roland de Gilead si tu veux, en tout cas j’aime bien. Par contre je n’avais pas son courage et sa bravoure pour les affronter. Mon Ka-Tet n’était pas à mes côtés pour m’aider à m’en sortir.

En tout cas, comme tout bon jeu digne de ce nom, les partiels c’est en face de boss digne de God Of Wars, Castlevanie TLoS ou encore Dante’s Inferno que t’avait en face de toi. Ouais c’est ça en fait, chaque année en droit, tu traverses un cercle de l’enfer de Dante et tu te retrouves face au vice du genre humain. Quand tu t’inscris en droit, tu devrais avoir quelqu’un qui te dit avec une voix d’outre-tombe, « Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate ».  Au passage je tiens à dire que je n’ai fait qu’une année. Je vous laisse imaginer le reste.

On ne va pas trop se prendre la tête, c’est loin derrière moi. Encore une expérience raté mais que je ne regrette pas. Comme l’archéologie. Nostalgie tu me gagnes. Kavinsky aide moi à oublier avec « RoadGame ». J’imagine que je suis au volant d’un bolide, sur une route dégagé, la nuit avec personne et un horizon infini écoutant ce morceau. Un pur kiff. Au passage, la musique a été reprise dans la pub de Hitman Absolution. Je l’ai découverte au cinéma. Vous n’imaginez même pas le plaisir que ça a été pour moi, je pouvais sortir de la salle sans avoir vu le film après ça. Je vous propose la version Engarde Remix.