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Stop ! Arrêtes de la regarder ! Fixe le vide. Détourne ton regard. Vite avant qu’elle ne te remarque…. Merde ! Je n’y arrive pas, c’est trop dur, je veux être avec elle.

Voilà le type de discours que j’ai avec moi-même quand je suis près de toi. Voilà ce à quoi je pense quand je suis à tes côtés.

On est comme les personnages principaux d’une série dans laquelle tout le monde sent cette tension sexuelle qui existe entre nous mais nous sommes les seuls à ne pas la voir. On se le cache peut être. On n’a pas envie de donner aux téléspectateurs ce qu’ils veulent trop rapidement. Alors en attendant on se ment à nous-mêmes et on va s’abandonner dans les bras des autres. On se regarde se perdre et dériver chez autrui sans but, à l’aveugle. On va voir ailleurs mais pourquoi, si ce n’est au final que pour nous blesser mutuellement. On n’est pas intéressé l’un par l’autre nous. On est loin de ça…. C’est comme ça que ça se passe dans ma tête. Dommage que ce soit si différent de la réalité.

Je ne sais pas qui t’es, je n’arrive pas à te comprendre. Lire en toi m’est difficile et pourtant ce n’est pas faute d’essayer encore et toujours. En vain c’est comme si je voulais finir de lire tous les tomes de Game Of Thrones en une journée. Ce n’est pas possible, je le sais mais j’essaye quand même.

J’essaye aussi de t’oublier en m’abandonnant dans les bras d’autres femmes sans penser à toi, d’ailleurs t’en as quelque chose à foutre ? Parce-que moi quand je te vois avec un autre homme, quand je vois ton téléphone sonner je n’ai qu’une envie, c’est d’hurler que je suis là et mieux que lui peu importe qui il est. Je saurais être mieux que lui pour toi. J’essaye de t’oublier. J’essaye de faire comme si tu ne comptais pas pour moi, comme si tu étais rien mais tu ne l’es pas. Tu représentes beaucoup. Je veux jouer le mec détaché mais ça ne marche pas. Quand je te regarde c’est différent. Je te regarde d’une façon qui n’a rien à voir. Avec toi tout est différent, je suis différent.

Je ne parle pas d’amour, de sentiments, je ne parle pas de ce que je ne connais pas ou de ce que je ne maîtrise pas. Je ne parle ici que de cette sensation qui me prend au fond de moi et qui me pousse à être dans tes bras. Le fait est qu’il existe, certainement, une réalité dans laquelle tout se passe comme je le souhaite, une réalité que j’hallucine comme un schizophrène. J’hallucine nos rapports sous de nouveaux angles, il y a quelque chose que j’invente certainement, j’entretiens un rapport singulier à cette relation. Tout dépend de la manière d’entretenir ce rapport au réel et de comprendre ce qu’il se passe. Ne dit-on pas que l’amour va toujours avec son envers, la haine.

Oui des fois je te déteste. Quand je te vois faire avec ces hommes, tu t’offres à eux et tu te refuses à moi. Tu leur souris comme tu ne me souris pas et ce regard que tu leur offre, j’en suis jaloux. J’ai beau cherché, je ne comprends vraiment pas ce qu’ils ont de plus que moi. D’ailleurs ce n’est pas la seule chose que je ne comprends pas. TOI. Je ne sais pas qui tu es, d’ailleurs je n’arrive pas à te saisir comme je le souhaiterais et ça m’énerve au plus haut point c’est ce qui fait que tu m’intrigues comme ce n’est pas permis. Ces conversations où je veux paraître plus intelligent que toi et faire comme si je connaissais tout juste pour t’impressionner. Je n’arrive pas à lire en toi comme je le fais avec les autres. Je suis incapable d’anticiper tes réactions.

Ce qui te plait c’est de les voir voler autour de toi et de se brûler les ailes à ton contact. Tu ne peux pas le faire avec moi puisque ces ailes, tu me les as arraché il y a longtemps. Je me rends compte de n’être qu’un parmi tant d’autres. Un simple soldat dans l’armée Perse pas un Spartiates un des 300. C’est comme ça que tu me vois. JE SUIS LEONIDAS mais tu ne le vois pas encore. Je ne brille pas assez pour toi. Ils se battent ton attention pour obtenir tes faveurs. La différence entre eux et moi ? Simple, elle réside dans la noblesse de mes intentions.

 « Je t’aime » ? Non je ne pense pas, j’en suis sûr et si c’était le cas que j’en sois préservé car pour toi ça ne serait qu’une corde de plus à ton arc pour te jouer de moi. Non je ne suis pas amoureux de toi (Respire !) Par contre, je te veux et je te désire. Peut-être est ce seulement parce que tu te refuse à moi mais je ne pense pas, c’est plus profond. J’essaye de t’occulter, de t’oublier, de m’éloigner parfois. Je veux même t’analyser, te rationnaliser mais au final c’est la même chose. Il est dur d’être à tes côtés. C’est dur d’être là tout le temps avec toi quand tu ne me vois pas.

Claude Debussy, Clair de lune