the-last-of-us-joel

« Attends, bouge pas. Je te remets cette mèche en place.»

J’aime voir ses cheveux en bataille, la voir se battre avec elle pour avoir une coiffure un peu travaillé. La voir courir et se préparer. Etre à la bourre, essayer une première tenue, une seconde, une troisième, ne plus savoir quoi mettre et partir dans sa première tenue.

J’aime la voir bosser, réfléchir. Quand elle commence à se prendre la tête à faire et refaire les choses jusqu’à la perfection. Commencer,  recommencer, me demander mon avis, partir, revenir.

J’aime quand elle sourit et qu’elle me regarde. L’entendre rire même à mes blagues les plus foireuses. L’entendre réciter par cœur des dialogues de film comiques. La voir rire et rire avec elle.

J’aime ces moments où ses larmes coulent le long de ses joues et que je les essuies d’un geste tendre sur sa joue. Qu’elle sache que je suis là pour elle. La consoler toute une nuit.

J’aime rester là avec elle et entendre le bruissement des pages de son livre. La voir dévorer son roman et m’en parler. Me parler de mode, de création, d'artisanat, d'expo. Me ballader avec elle et refaire le monde sur la route. Continuer à la maison. Se faire stopper par la fatigue. 

J’aime l’écouter parler pendant des heures, de son boulot, de ses galères, de ses amis, de sa vie. Ses conversations où le temps s’arrête et plus rien n’existe à part nous deux. Ne plus savoir quoi dire, se regarder, laisser passer le temps. 

J’aime quand elle me regarde, quand elle m’écoute, quand j’existe à travers elle. Sentir son parfum, l'odeur qu'elle laisse dans mes draps. Ce sentiment qu'elle est là même quand elle n'est plus là. Ce sentiment que je suis là, qu'elle me voit. 

J’aime la sentir près de moi, Ses mains qui parcourt mon corps et m’enlacent. Cette sensation de la sentir près de moi, avec moi. L'effleurer d'un geste et frissonner. La frôler et vouloir la serrer contre moi. 

J’aime ces prises de tête qu’on a, ces conversations qui n’en finissent plus et reviennent encore et sans cesse. Elle a tort, j’ai raison, elle a raison, j’ai tort, peu importe parce que c’est nous. S'engueuler et s'excuser, crier et pleurer, se sentir mal au point d'en être malade et se retrouver enfin pour mieux avancer.

J'aime tellement de choses en elle que je ne sais pas laquelle à une importance, tout est important. Tout ce qui fait qu'elle est elle. Sa beauté, son intelligence, son charme, son sourire, ses gestes, ses qualités, ses défauts.

J’aime ces moments. J’aime sa présence. J’aime son existence. Je l’aime mais je n’y arrive plus.

Le plus dur c’est de vivre dans cette ombre qui m’engloutit avec le temps. De vivre un cauchemar éveillé et d’avoir peur de me réveiller avant que le rêve n’arrive. Attendre,  ce n’est pas pour moi. Espérer demande trop de courage et je n’en ai plus en réserve. MP & HP à 0. Aucun sort de soin ou de potion pour me rebosster. Il ne reste seulement que la tristesse et le regret de moments qui n’existeront que dans ma tête. D’éphémères souvenirs que je chérirais plus que tout, jalousement comme si c’était Mon Prééécieux. Il ne me reste plus que ça pour supporter la fuite que j’entreprends.

Je m’avoue vaincu et rare sont les fois où je baisse les bras mais je n’ai plus envie de lutter contre moi, contre toi. Je ne veux plus attendre et être ce gars-là. Je ne serais que ton ami et je m’en contenterais. Je ne peux plus vivre cette situation. Je ne peux plus me prendre la tête pour toi. Je n’ai pas le droit. Pas avec moi, pas envers moi car au fond je mérite mieux que ça. Je mérite mieux que courir sans fin.

C’est si difficile de sortir de cet étau et douloureux de se retenir mais c’est la solution qui me paraît la plus sensé. La plus intelligente, celle qui me fera sortir de cet état de rêve, ce monde imaginaire dans lequel je vivais avec toi. La réalité frappe trop dur mais je suis capable de l’encaisser, en même temps, ce n’est pas comme si j’avais le choix.

Je m’en vais et je le regrette, je cherche à rebrousser chemin, mais quel chemin si ce n’est celui dans lequel je m’étais perdu en entrant dans ces sentiments. Je ne veux plus m’y trouver et je veux y retourner à chaque pas qui m’éloigne. Au fond je ne sais pas trop ce que je veux mais ça je n’en veux plus.

Un jour j’en parlerais en rigolant, je me souviendrais de ce que je faisais, disait mais aujourd’hui seul la tristesse m’habite quand je pense à toi. Adieu ?