bigby

« Boing et on y pense plus, boing et c’est passé, boing et tu n’existes plus et boum la chute fais mal,… mais qu’est-ce que tu fais ? … Ben je rebondis ! »

Rebound ce terme à la mode qui désigne une pratique aussi nulle qu'inefficace. Le genre de choses que tu t'imposes pour passer à autre chose. Oublier une personne que tu aimes encore, oublier la douleur qui t'accable, t'accompagne tout le temps. Après chaque histoire plus ou moins dur, on parle souvent à son entourage et on entend toujours la même chose. « Tu devrais passer à autre chose. » « Tourne la page. » « Oublie là. » « Rencontre du monde. » Ce n’est que des solutions éphémères, à court termes sans aucun réel impact sur ta situation.

On pense tous que pour passer d’une histoire compliquée à une autre il faut parfois utiliser ce qu’on appelle une rebound girl ou guy. Pour ceux qui ne sont pas familier de ce concept je vais vous faire un petit rappel qui n'a pas pour but d'être exhaustif. Un truc simple. Le truc c’est d’utiliser une autre personne pour t’aider à oublier la personne que tu aimes. T’abandonner dans les bras de n’importe qui pour ne plus penser à celle qui te fait souffrir.

En fait, une fois que le coup d'épée est donné, c'est le temps de la souffrance. Je te parle d'une souffrance sourde, celle qu'aucun apothicaire ne saurait faire disparaître. Aucune potion ne marche. Range tes œil de tritons et tes larmes de sirène. Il n'y a pas d'alchimiste assez puissant pour t'aider. Reprenons. Une personne qui souffre de l'amour est une personne qui va utiliser tous les outils à sa disposition pour sortir, s'extirper de cette situation. Maintenant plusieurs options s'offrent à vous. Les unes prennent un temps fou et sont de plus en durs. L'autre est facile mais n'a aucun résultat. Ce n’est pas un FPS à la nouvelle mode. Tu te mets à couvert et tes blessures disparaissent on parle de celles qui nécessite un médikit, un mélange d'herbes à la Résident Evil. C'est un empoisonnement à la tristesse, la douleur, le doute mais surtout l'espoir. L'espoir de voir la personne revenir. Passé un temps il faut se faire une raison mais plus facile à dire qu'à faire.

On se tourne vers notre entourage et c'est à ce moment là qu’interviennent des conseils chelou. En fait c’est un peu quand tu kiff un jeu, un film ou un bouquin et que tu ne veux pas passer à un autre mais tu es obligé, t’as fini avec, il ne te laisse pas jouer comme tu le sens, l’auteur n’a plus rien pour toi. C’est con parce que vous vous entendiez super bien tous les deux et au fond tu sais que vous auriez pu aller plus loin encore. Que vous n’avez fait qu’effleurer la surface de ce qui vous attendez mais la vie en a voulu autrement. Te voilà seul encore, sans personne à qui t’accrocher dans une chute longue, une chute qui continue à t’enfoncer dans les profondeurs abyssales.

J’ai pris le risque pour vous de tester ce concept et je peux maintenant vous dire que c’est de la merde, une arnaque qu’on nous vend depuis un moment pour essayer de nous faire passer la pilule.

En fait je me rends compte que le temps n’est pas un ami, que la solution d’utiliser une autre personne pour effacer quelqu’un de notre vie n’est qu’une solution de lâche, de fuite et qui ne sert à rien d’autre si ce n’est qu’à masquer la présence de la personne que l’on aime. En fait ça revient à mettre une couche de peinture sur une tâche plutôt que de la nettoyer. C’est toujours la même merde derrière la dernière couche de peinture.

La douleur physique restera toujours plus facile à maitriser que celle qui découle des sentiments. C’est con mais c’est plus facile à gérer quand on est blessé par balle plutôt que par son cœur. Se construire une un chemin d’évadés de la FriendZone sauf que dans celui-ci les gardiens finissent toujours par t’avoir. Tu retournes au même point sans avoir gouté à la liberté.

Le plus dur dans ces histoires c’est les phases de rechutes, un peu comme un drogué ou un alcoolique. Tu veux retrouver ton produit, cette personne qui te faisait te sentir con, idiot, mais c’est si doux, plus simple pour toi de retourner vers cette facilité. Les chemins de traverse ne mènent pas tous chez Tom Bonbadil.