Mary jane

« Coucou, tu veux bien qu’on se donne la main ?... Quoi ? C’est à moi que tu parles ? T’es sûr tu t’es pas trompée ? Attends pourquoi moi ? C’est bon j’ai compris t’as perdu un pari et tu dois venir me demander de sortir avec toi ? »

C’est à peu près comme ça que c’est passé la première fois qu’une fille m’a demandé de sortir avec elle. Bon a peu près en fait parce que la vérité … Je la garde pour moi. Vous êtes sérieux je ne dirais rien. Bon continuons. Alors voilà, enfin, tout arrive à qui sait attendre. J’ai eu mon premier mot d’amour, la première fois que quelqu’un vient me dire qu’une fille veut sortir avec moi. Pour une fois que ce n’est pas moi qui sert de postier, j'étais le destinataire d'un message. J’étais l’homme le gamin le plus heureux même si dans ma tête c’était It’s over 9000. J’étais au maximum une fille voulait sortir avec moi en VRAI.

Ok je vous fait le bilan. Jeune garçon qui arrive en s’habillant chez Kiabi mais le côté où les couleurs ne vont pas ensemble. Je pensais qu’avoir un survêtement complet c’était la classe [sauf quand il y a marqué sur toute la jambe Champion USA]. Sérieux maman j’ai fait des conneries mais fallait pas me torturer comme ça. Je me suis même demandé si ma mère m’aimait pour me laisser sortir de chez moi comme ça. Bon bref ce n’est pas le pire, j’avais le combo spécial, appareil dentaire, haut et bas s’il vous plait et les lunettes – que j’ai vite cassé parce que là fallait pas abuser non plus l’un ou l’autre mais pas les deux – donc pour partir avec un handicap j’étais premier. Ha oui et un idiot avait trouvé malin de me coller le surnom gras du bide, j’étais rond et asthmatique. Va serrer une meuf au collège comme ça. J’ai fait ma rentrée avec le cahier de texte. On a appris plus part que l’agenda ça faisait grand.

Bon osef, en gros retiens juste que j’étais dans la merde mais là, pour je ne sais toujours pas quelle raison, cette fille me regarde et m’aime, mais genre en vrai (OUI cette fille existe et je ne l’ai pas inventé pour l’article elle existe en VRAI) et là je perds mes moyens. Moi comment on fait pour m’aimer, normalement l’amour n’est pas un sentiment qui requiert une attirance physique qui est dupliqué par la proximité, renforcé par l’habitude, la monotonie, l’ennuie à deux et le désintérêt total pour le bien être de son partenaire … Ah non ça c’est l’amour des autres. Non cette fille m’aimait et ça ne pouvait qu’être le type d’amour que j’attendais. Et ouais la famille j’ai un Crush alors je suis dans le game ou pas ?!! Bon donc cette fille est là devant moi, dans les couloirs du collège en me disant qu’elle aimerait bien qu’on se mette ensemble. Là sans hésiter, j'ai réagi comme l’homme que je pensais être, comme le mâle dominant. Je l’ai prise par la taille et je l’ai embra…. Ben non j’ai fuis naturellement. Depuis le temps que tu me lis tu devais bien t’attendre à ça. J’ai fuis comme un lâche, comme si je ne pouvais pas goûter à cet amour qui m’était pourtant destiné. C’est comme si je m’interdisais le bonheur.

Bref pour la suite c’est simple je passe ma scolarité dans ce foutu collège à la regarder de loin en faisant bien attention à ce qu’elle ne me remarque pas. Alors Naruto tu crois que t’es plus fort que moi. Ensuite forcément nos chemins se séparent et chacun suis sa propre route. Une chose ne me quittera pas et c’est ce regard qu’elle m’a porté. « Allez Marty monte dans la DeLorean on va dans le futur, 17 ans plus tard. Accroche-toi ! On doit atteindre la vitesse de 88 miles à l’heure. … Heu. Attends Doc, je crois que j’ai oublié de lui dire que je pensais à elle. Attends mais 17 ans plus tard, elle m’aura oublié certainement… Trop tard » 

Et me voilà arrivée aujourd’hui. Je retrouve mon crush, ouais je sais c’est trop choupi de la mort qui tue mais SALOPERIE DE Fées vous ne m’avez pas oublié. Je retrouve ma Mary Jane mais je ne suis toujours que Peter Parker et pas encore Spiderman. Alors je reprends depuis le début, je tâtonne, j’évite les erreurs, en règle générale c’est le moment où j’en fais. Je fais attention à ce que je dis, normal j’ai un ratio particulièrement élevé sur les Boulet Time, malgré moi. En gros je galère et je peux vous dire qu’aussi belle soit cette histoire, elle n’est pas facile mais pas encore terminée.

Bon petit bonus je vous raconte un peu comment ça se passe. Aujourd’hui à l’ère du numérique rien n’est plus simple que de retrouver une personne de votre passé. Donc comme tous les gens de ma génération j’ai appelé le génie Facebook pour qu’il m’aide à rentrer en contact avec elle. Et paf ! Ça a fait des chocapics. Ouais je sais ça fait limite stalker mais j’ai eu la chance de la recroiser à plusieurs reprises et à chaque fois j’avais envie de lui dire de ne pas me laisser sortir de sa vie comme ça. De me montrer où m’installer, prendre place et commencer à compter pour elle. Finalement tous se fait via messagerie et compagnie. Chaque rencontre est un moment que je me remémore encore et toujours. Chaque fois que je me souviens de cette danse qu’on a partagée je me rappelle que c’est une des rare filles avec qui je n’étais pas mal à l’aise en dansant, où je n’ai pas bloqué, je ne l’ai pas fixé en me demandant si on dansait ou si elle me faisait un lap dance. Non pour une fois je sentais cette symbiose à la Save The Last Dance. J’avais l’impression qu’on dominait la piste à nous deux et qu’ils pouvaient tous remballer avec leur mouvement désynchronisés. Bref le genre de femme avec qui j’aime rire, danser, parler, ne rien faire, penser, j’en passe et des meilleurs mais ça encore c’est dans ma tête… Pour le moment #CrossedFinger. Donc me voilà aujourd'huin 17 ans plus tard devant elle, rôle inversées en attendant qu'elle daigne me donner ma chance. Pourquoi ? Je n'ai pas été capable delui donner la sienne. Je crois qu'elle est plus mature que moi et saura faire ce qu'il faut pour que ça se passe bien... Ou pas.

Je sais que je pourrais être cet homme qui sort le paraplpuie au moment où tombe les problèmes pour la protéger. La personne qui sera là quand elle trébuchera pour la rattraper in extremis, celui qui la fera sourire quand tout ira mal, celui qui saura reparer son coeur. J'ai l'impression de ne jamais l'avoir quitté et de l'avoir trouvé un peu partout chez toutes ces femmes que j'ai rencontré sans qu'elle lui arrive à la cheville. J'ai honte mais je crois que c'est la seule qui ait su m'aimer sincérement. J'avais dis que c'était trop choupimignontrognondelamortquitue. Je crois qu'elle est aussi torturé que moi mais est-ce que je ne me fais pas des films - un peu comme toujours - j'arrive à garder les pieds sur terre mais pas trop quand même. J'ai un Crush mais c'est du passé. Aujourd'hui une fille me plaît mais je suis et je resterais cet handicapé des relations amoureuse... en espérant qu'elle m'aidera à guérir. 

 Pour finir c'est Teedra Moses et le titre Be Your Girl ... (I wish.)